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Hygiène et beauté

Comment entretenir les griffes de son chien

Une griffe trop longue modifie l'appui du chien, le fait glisser sur les sols lisses et, à la longue, déforme la position du doigt. Le geste n'est pas compliqué : il demande seulement de savoir où s'arrête la partie vivante.

Par la rédaction Publié le 28/04/2026 Lecture 8 minutes

Une griffe de chien n'est pas un ongle mort. Elle contient une partie vivante, vascularisée et innervée, que l'on appelle la pulpe ou la matrice, et qui avance dans la griffe à mesure que celle-ci pousse. Couper trop court, c'est couper cette pulpe : cela saigne, cela fait mal, et surtout cela suffit à rendre un chien méfiant pour longtemps.

Le repère de fréquence tient en un bruit. Chien debout sur un sol dur, les griffes ne doivent pas toucher le sol ; si vous entendez un cliquetis à chaque pas sur le carrelage, elles sont trop longues. En pratique, cela revient à un contrôle toutes les trois à six semaines, selon la surface sur laquelle le chien marche : un chien de ville qui use ses griffes sur le bitume aura besoin de moins de coupes qu'un chien de jardin.

Griffes claires, griffes noires

Sur une griffe claire, la pulpe se voit par transparence : c'est la zone rosée qui part de la base. On coupe à quelques millimètres devant, jamais au ras.

Sur une griffe noire, on ne voit rien, et c'est là que la plupart des propriétaires renoncent. La méthode consiste à couper de très petites tranches successives, en partant de la pointe, et à regarder la section après chaque coupe. Tant que la section est uniformément blanche et sèche, on peut continuer. Dès qu'un point gris, puis sombre et légèrement humide, apparaît au centre de la section, on s'arrête : la pulpe est juste derrière.

Un second repère aide : vu de dessous, le dessous de la griffe change d'allure au niveau où la pulpe s'arrête. On peut aussi choisir de ne retirer que la pointe recourbée, plus souvent, plutôt que de tenter une coupe franche tous les deux mois.

Choisir son outil
Outil Convient à Points d'attention
Coupe-griffes ciseaux Griffes épaisses, grands chiens Lames à garder affûtées, coupe nette en un geste
Coupe-griffes guillotine Petits et moyens chiens Écrase la griffe si la lame est émoussée, à remplacer régulièrement
Meuleuse rotative Griffes noires, chiens sensibles à la pression Bruit et vibration à faire accepter, échauffement si l'on insiste au même endroit
Lime manuelle Finition, très petits chiens Lente, mais utile pour arrondir une arête coupante
Coupe-griffes de type ciseaux positionné sur la griffe d'une patte avant tenue à plat dans la main
La patte est tenue à plat, sans torsion du poignet ; on coupe par petites tranches et l'on regarde la section après chacune.

L'ergot, celui que le sol n'use jamais

L'ergot est ce doigt situé plus haut sur la face interne de la patte, présent sur les antérieurs chez presque tous les chiens et parfois sur les postérieurs. Comme il ne touche pas le sol, il ne s'use pas, pousse en arc de cercle et finit par revenir vers le coussinet, où il s'incarne. C'est une cause fréquente de boiterie et d'infection, entièrement évitable par un contrôle mensuel.

Chez certaines races, notamment de montagne, les ergots postérieurs sont doubles et souvent très mobiles : ils demandent la même surveillance, avec une attention particulière au fait qu'ils s'accrochent facilement.

Habituer le chien, plutôt que le contraindre

Un chien qui a mal vécu une coupe s'en souvient. La reconstruction demande de la patience et se fait par étapes très courtes, sur plusieurs semaines.

  • Semaine 1 : on touche les pattes pendant quelques secondes, on récompense, on s'arrête.
  • Semaine 2 : on tient la patte et l'on présente l'outil sans couper, on récompense.
  • Semaine 3 : une seule griffe par séance, puis on range tout.
  • Ensuite : deux ou trois griffes, jamais les vingt d'un coup si le chien se crispe.2

Deux détails changent beaucoup de choses. La position d'abord : on évite de retourner le chien sur le dos, position de contrainte pour beaucoup d'individus, et l'on préfère travailler à côté de lui, patte tenue à plat, sans torsion du poignet. La lumière ensuite : une lampe franche permet de voir la section de la griffe, ce qui évite les coupes hasardeuses.

Les poils entre les coussinets

Chez les chiens à poil long, les poils qui poussent entre les coussinets forment des paquets qui retiennent la boue, la neige et les épillets, et font glisser le chien sur le carrelage. On les égalise au ras du coussinet, avec des ciseaux à bouts ronds ou une petite tondeuse, sans jamais raser la zone : ces poils protègent aussi la peau fine entre les doigts.3 C'est également le moment de vérifier l'état des coussinets, en particulier après les sorties en terrain caillouteux ou par temps chaud.4

Notes

  1. Une poudre hémostatique vétérinaire fait partie des éléments utiles à garder dans la trousse de soins, au même titre que des compresses et une pince à épiler.
  2. Une séance interrompue avant que le chien ne se crispe vaut mieux qu'une séance complète obtenue de force : la première construit la suivante, la seconde la détruit.
  3. Les épillets, ces épis de graminées sèches, s'enfoncent entre les doigts en été et migrent sous la peau. L'inspection après chaque sortie en herbe sèche fait partie de la routine de la saison.
  4. La règle de la main sur le bitume vaut aussi pour les coussinets : si l'on ne peut pas y laisser le dos de la main quelques secondes, le sol est trop chaud pour le chien.